Il traite ensuite épisodiquement des formes du gouvernement oligarchique, qui périt par la cupidité et par hostilité qui s'établit entre les riches et les pauvres. Il définit aussi le gouvernement démocratique:
«La démocratie arrive quand les pauvres, ayant remporté la victoire sur les riches, massacrent les uns, chassent les autres et partagent également avec ceux qui restent l'administration des affaires et les charges publiques, lesquelles, dans ce gouvernement, sont données par le sort pour la plupart.
«Par conséquent un pareil gouvernement doit offrir, plus qu'aucun autre, un mélange d'hommes de toute condition.
«Vraiment, cette forme de gouvernement a bien l'air d'être la plus belle de toutes, parce que, grâce à la liberté, il renferme en soi tous les gouvernements possibles.»
Platon critique ensuite ironiquement les vices propres à toute nature de gouvernement démocratique. Il montre comment un jeune homme, flatteur du peuple, finit par y devenir l'idole de la multitude et par affecter la tyrannie, troisième forme de cette rotation éternelle des gouvernements humains.
Ainsi, dans un État, comme dans un particulier, ce qui doit succéder à l'excès de liberté, c'est l'excès de servitude.
Il fait ici la théorie de la tyrannie en homme qui l'avait pratiquée, puis il montre le tyran malheureux et puni par sa propre toute-puissance.
XX.
Le dixième livre est une invective philosophique contre les passions et contre les poëtes; contre Homère principalement, le plus grand de tous. On dirait que Platon est jaloux de la divine sagesse du poëte, mille fois plus philosophe et plus politique que lui. Il n'admet dans sa République que des hymnes en l'honneur des dieux; toutes les œuvres d'agrément sont proscrites.
Ici une longue digression sur l'immortalité de l'âme interrompt ses plans politiques. Il raconte la descente aux enfers d'un Arménien laissé pour mort sur un champ de bataille et qui revient, après dix jours, raconter ce qu'il a vu des supplices des morts.