«Oh! que ce fut un beau moment que le revoir de la famille, de papa, de Mimi, d'Érembert (Éran), qui m'embrassaient si tendrement et me faisaient sentir si profond tout le bonheur d'être ainsi aimée!»
Le 17, elle a repris sa vie découragée, mais sensible toujours au bonheur d'autrui.
Le 18 avril.
«Qui aurait deviné ce qui vient de m'arriver aujourd'hui? J'en suis surprise, occupée, bien aise. Je remercie, et regarde cent fois ma belle fortune: les poésies créoles, à moi adressées par un poëte de l'Île de France. Demain j'en parlerai. Il est trop tard à présent, mais je n'ai pu dormir sans marquer ici cet événement de ma journée et de ma vie.»
Le 19 avril.
«Me voici à la fenêtre, écoutant un chœur de rossignols qui chantent dans la Moulinasse d'une façon ravissante.
«Oh! le beau tableau! Oh! le beau concert, que je quitte pour aller porter l'aumône à Annette la boiteuse!»
XLI.
Le 22 avril.
«Mimi m'a quittée pour quinze jours; elle est à ***, et je la plains au milieu de cette païennerie, elle si sainte et bonne chrétienne! Comme me disait Louise une fois, elle me fait l'effet d'une bonne âme dans l'enfer; mais nous l'en sortirons dès que le temps donné aux convenances sera passé.