Il serait temps d'en finir, ou bien de changer résolument l'histoire, et d'écrire, à l'exemple du père Loriquet ou des libéraux de 1815: Waterloo, grande victoire gagnée par Napoléon sur les Anglais et sur les Prussiens dans les plaines de Belgique.
Cela serait plus simple, et tout aussi vrai que ces hymnes au génie fatigué de Napoléon; et, comme l'histoire n'est souvent qu'une vérité convenue, cela finirait tout, et tout serait dit!
XXVII.
Quant à nous, nous persistons à croire que 1815 fut le désastre immérité d'une armée vaillante et sublime, que Napoléon commanda mal ce jour-là des manœuvres tardives, et abandonna au hasard du reste de la journée sa fortune, c'est-à-dire la moitié du génie d'un conquérant.
Nous laissons M. Hugo, M. Thiers, M. Quinet, M. Charras, mâcher et remâcher cette journée, revanche des vaincus au jeu des batailles, et nous disons: Il est plus beau d'accepter une défaite et de s'en relever, que de se révolter sans cesse contre la triste vérité, surtout devant sa capitale conquise, son empereur à Sainte-Hélène, son pays rançonné, et de soutenir au monde qu'on a marché de victoire en victoire, de Madrid à Toulon, de Moscou au Rhin, de Leipsik à Mayence, de Waterloo à Paris, à la suite d'un homme infaillible qui n'a pas fait un faux pas dans sa vie. La franchise a sa noblesse, et l'histoire a ses leçons.
Lamartine.
(La suite au mois prochain.)
LXXXVIe ENTRETIEN.
CONSIDÉRATIONS SUR UN CHEF-D'OEUVRE,
OU
LE DANGER DU GÉNIE.
Les Misérables, par Victor Hugo.