QUATRIÈME PARTIE.
I.
Revenons à Jean Valjean.
Il avait caché vite dans la forêt de Montfermeil les 700,000 francs déposés chez M. Laffitte; puis il était revenu se laisser arrêter par l'agent de police Javert, et condamner à mort.
À mort! entendez-vous bien? D'abord à cinq ans pour un morceau de pain, condamnation impossible, pour un morceau de pain origine de tout, volé à bonne intention chez le boulanger de son village; ensuite à mort après dix-neuf ans de sa peine accomplie!
Quelle société! et combien il est aisé à l'auteur d'avoir raison contre elle!
Heureusement, le roi commue la peine sanglante contre une condamnation à perpétuité au bagne. Jean Valjean ne veut pas s'y soustraire, apparemment, sans accumuler l'indignation du peuple contre une telle justice.
Quoi qu'il en soit, il s'évade encore en accomplissant un acte de sauvetage sur un vaisseau de guerre; puis, se laissant en apparence tomber à la mer et nageant entre deux eaux, il disparaît de nouveau.
On le croit noyé! pas du tout; il n'est que déguisé, et reparaît, pour tenir parole à Fantine, à l'auberge des Thénardier, à Montfermeil.
Il commence par aller visiter son trésor enfoui sous l'arbre, et par lui emprunter un bon viatique, jusqu'au moment de lui faire une visite définitive.