Nous sommes tous des misérables, et nous ne serons jamais des dieux!

Mais, pour tempérer nos misères et pour désarmer l'utopie, le ciel nous a laissé un divin intermédiaire, l'assistance mutuelle, cette charité de tous pour tous.

Que la société l'introduise en plus forte dose dans ses lois, à chaque misère sociale qui se révèle.

La charité légale est le traité de paix entre nous.

XXXIV.

On me demandait un jour, en 1848, au moment où les théories de partage égalitaire jetaient le plus de trouble dans les imaginations:

—Comment cela finira-t-il?

—Cela finira, répondis-je à mes interlocuteurs alarmés, par quatre lois que le temps comporte et que la raison publique avoue:

Une loi qui donne son droit politique à chacune des classes sociales par une part proportionnelle au suffrage;

Une loi qui assure, non le droit au travail, mais le droit de vivre à tout homme que le ciel envoie sur la terre pour y vivre. Le dernier mot d'une société bien faite ne peut pas être la mort!