Une loi qui supprime la peine de mort, quand la société aura rendu cette suppression sans danger pour elle, par un système organisé de colonisation pénale qui sépare l'écume de l'eau sur un écueil de l'Océan lointain, qui sépare le criminel de la société autant que le tranchant de la hache sépare la tête du tronc sur l'échafaud;

Enfin une loi qui constitue sérieusement la liberté d'adorer Dieu selon sa raison ou sa tradition, c'est-à-dire la liberté du ciel.

Ces quatre lois accomplies, tout rentrera de soi-même dans l'ordre, jusqu'à ce que de nouveaux besoins physiques, intellectuels ou moraux, constatés, demandent à la société de nouvelles satisfactions légitimes.

Chaque révolution est un pas vers le vrai; si elle veut en faire dix, elle tombe dans la fausse utopie et dans l'impossible.

Il lui faut attendre une autre occasion pendant des années ou des siècles; c'est à recommencer!

Mais on ne trouve pas toujours des occasions aussi innocentes et des populations aussi raisonnables qu'en 1848.

La révolution de 1848 fut en majorité la révolution des hommes d'État, et la réalité acceptée, servie et défendue par l'Assemblée constituante, la raison et le courage de la France.

L'autre révolution, celle de 1849, fut la révolution des utopistes, menaçant la propriété de subversion et la France de la terreur.

Prenez garde aux colères de la propriété et à l'effroi légitime de la terreur. Votre conventionnel est une mauvaise enseigne sur vos bonnes pensées. Effacez l'enseigne du sang, et chantez Cosette, cette idylle, la plus accomplie de la langue, qui fait oublier la tragédie!

En résumé, les Misérables sont un sublime talent, une honnête intention, et un livre très-dangereux de deux manières: