Convaincu de cette foi évidente, je me rassure en sa présence, et je me dis: «Mon Créateur est là-haut!»—Allons à lui par la contemplation, et rendons-nous compte de son œuvre complète, afin de l'adorer plus complétement dans son œuvre, qu'il me permet d'entrevoir, jusqu'au moment où des instruments intellectuels plus parfaits me rapprocheront encore davantage, et où la science fera tomber les voiles qui me dérobent la perfection et l'immensité de l'infini.

XII

Voici donc comment mon intelligence se poserait la question de l'univers, et comment mon humilité ignorante et sublime s'efforcerait de la résoudre.

Je commencerais par le mot de Descartes:

«Je pense, donc je suis.»

Et qui suis-je? un être sorti d'un autre être, qui lui-même était sorti d'un autre, et ainsi de suite jusqu'à l'origine de cette espèce d'êtres appelés hommes.—Mais le premier de cette famille humaine, l'ancêtre de l'univers, vivant, pensant, aimant, qui lui avait donné la vie? Évidemment une vie supérieure, un ancêtre au-dessus de tous les ancêtres, un créateur au lieu d'un père.

Qui est-il? Où est-il? Il a agi, et il s'est caché dans l'éblouissement de sa toute-puissance, dans le mystère, cette ombre de Dieu!

Il m'a donné une seule évidence pour me parler dans ces ténèbres: la liaison de l'effet a la cause. Je sens que je suis, donc il est!

Je ne savais pas en naissant que je devais mourir; l'expérience me l'a enseigné.

Je vis entre la naissance et la mort, mes deux lois. Deux mystères aussi. L'un, le mystère du passé; l'autre, le mystère de l'avenir.