«J'étais plein de joie de tenir cette chère arme dans mes mains. La corde me parut encore fort bonne. Je l'essayai, il se tendait très-suffisamment.
«—C'est un bon arc, dis-je, la forme surtout m'en plaît, et elle me servira désormais de modèle.
«—De quel bois le croyez-vous fait? me demanda Gœthe.
«—Cette fine écorce de bouleau qui le couvre empêche de voir; les extrémités sont libres, mais trop noircies par le temps. C'est sans doute du noyer. Il a été fendu.
«—Eh bien! si vous l'essayiez? dit Gœthe. Voici aussi une flèche; mais méfiez-vous de la pointe, elle est peut-être empoisonnée.»
«Nous retournâmes dans le jardin et je tendis l'arc.
«—Sur quoi tirerez-vous? dit Gœthe.
«—D'abord en l'air, il me semble.
«—Eh bien, allez!
«Je lançai ma flèche vers les nuages lumineux, dans le bleu de l'air. La flèche monta droit, et en retombant, se ficha en terre.