«À mon tour,» dit Gœthe.

«Je fus heureux de son désir. Je lui donnai l'arc et tins la flèche. Gœthe ajusta la fente de la flèche sur la corde, prit l'arc comme il le fallait, non cependant sans chercher un peu. Puis il visa et tira. Il était là comme un Apollon, vieilli de corps, mais l'âme animée d'une indestructible jeunesse. La flèche ne s'éleva que très-peu haut. Je courus la ramasser.

«Encore une fois!» dit Gœthe.

«Il tira cette fois horizontalement dans la direction de l'allée du jardin. La flèche alla à peu près à trente pas. J'avais un bonheur que je ne peux dire à voir ainsi Gœthe tirer avec l'arc et la flèche. Je pensai aux vers:

«La vieillesse m'abandonne-t-elle?
Et de nouveau suis-je un enfant?

«Je lui rapportai la flèche. Il me pria de tirer aussi horizontalement, et me donna pour but une tache dans les volets de son cabinet de travail. Je visai. La flèche n'arriva pas loin du but, mais elle s'enfonça tellement dans ce bois tendre, que je ne pus la retirer.

«Laissez-la fichée, me dit Gœthe, elle y restera pendant quelques jours et sera un souvenir de notre partie.»

XI.

Un second jugement de lui sur Byron est d'une justesse qui diminue l'enthousiasme, le voici: Il n'est pas juste que la haine et l'immoralité reçoivent la récompense de la charité et de l'amour. Le sublime de Byron, c'est la haine et le mépris.

Écoutez Gœthe: