«Étienne, dit-elle à un laquais qui se trouvait là, Étienne, dépêchez-vous d'aller chercher Moumou qui est dans le jardin.

—Ah! on l'appelle Moumou, dit la vieille veuve. C'est un joli nom.

—Oui, répondit la complaisante dame de compagnie. Étienne, vite, vite....»

Étienne se précipita dans le jardin, et avança la main pour saisir Moumou; mais la chienne agile lui échappa et courut se réfugier près de son maître occupé en ce moment à vider son tonneau, qu'il tournait comme s'il n'eût eu entre les bras qu'un tambour d'enfant. Étienne suivit la chienne, et de nouveau essaya de la prendre, et de nouveau elle lui glissa des doigts.

Guérassime regardait en souriant cette manœuvre.

Le laquais, las de ses vains efforts, lui fit comprendre par signe que sa maîtresse désirait qu'on lui portât l'animal fugitif.

À cette demande, Guérassime parut inquiet. Cependant il ne pouvait y résister. Il prit Moumou entre ses mains et la remit à Étienne qui se hâta d'aller la déposer sur le parquet du salon. La baruinia l'appelle d'une voix caressante; mais la pauvre bête, qui n'avait jamais posé le pied dans ce brillant appartement, se sentit effarouchée et tenta de s'esquiver. Repoussée par l'obséquieux Étienne, elle se tapit contre le mur, toute tremblante.

«Moumou, Moumou, viens près de moi, viens près de ta maîtresse, lui dit la baruinia; viens, ma petite.

—Viens, Moumou,» répétèrent à l'unisson les commensales.

Mais Moumou regardait d'un air inquiet autour d'elle et ne quittait pas sa place.