Je me redressai tout pâle; il m'attacha le sac sur les épaules. Catherine, assise, la figure dans son tablier, sanglotait. La mère Grédel, debout, me regardait les lèvres serrées.
Le roulement continuait toujours; subitement il se tut.
«L'appel va commencer, dit M. Goulden en m'embrassant, et tout à coup son cœur éclata, il se mit à pleurer, m'appelant tout bas son enfant, et me disant:
—Courage!»
La mère Grédel s'assit; comme je me baissais vers elle, elle me prit la tête entre ses mains, et m'embrassant, elle criait:
«Je t'ai toujours aimé, Joseph, depuis que tu n'étais qu'un enfant... je t'ai toujours aimé! tu ne nous as donné que de la satisfaction... et maintenant il faut que tu partes... Mon Dieu, mon Dieu, quel malheur!»
Moi, je ne pleurais plus.
Quand la tante Grédel m'eut lâché, je regardai Catherine, qui ne bougeait pas, et m'étant approché, je la baisai sur le cou. Elle ne se leva point, et je m'en allais bien vite, n'ayant plus de force, lorsqu'elle se mit à crier d'une voix déchirante:
«Joseph!... Joseph!...»
Alors je me retournai; nous nous jetâmes dans les bras l'un de l'autre, et quelques instants encore nous restâmes ainsi, sanglotant. Catherine ne pouvait plus se tenir, je la posai dans le fauteuil et je partis sans oser tourner la tête.