En entendant cela, je ne pus m'empêcher de répandre encore des larmes, et le grand Furst aussi, nous pleurions en marchant; les autres, pâles comme des morts, ne disaient rien. Au grand pont, Zébédé sortit sa pipe pour fumer. Devant nous, les Italiens parlaient et riaient entre eux, étant habitués depuis trois semaines à cette existence.
Une fois sur la côte de Metting, à plus d'une lieue de la ville, comme nous allions descendre, Klipfel me toucha l'épaule, et tournant la tête il me dit:
«Regarde là-bas.»
Je regardai et j'aperçus Phalsbourg bien loin au-dessous de nous, les casernes, les poudrières, et le clocher d'où j'avais vu la maison de Catherine six semaines avant, avec le vieux Brainstein: tout cela gris, les bois noirs autour. J'aurais bien voulu m'arrêter là quelques instants; mais la troupe marchait, il fallut suivre. Nous descendîmes à Metting.
VIII
Le grand intérêt du roman avec l'histoire finit là; le reste est tragique, mais la naïveté change de ton. Tout devient héroïque et sanglant. C'est de l'histoire, nous vous renvoyons aux analystes des guerres de l'Empire. Ces pages de mémoires militaires leur appartiennent. Il n'y a que quelques premiers pas de la route de Phalsbourg à Dresde qui soient du ton du roman.
Seulement ce ton est merveilleusement retracé dans la première marche. Le peuple y est tout entier.
IX
Ce même jour, nous allâmes jusqu'à Bitche, puis le lendemain à Hornbach, à Kaiserslautern, etc. Le temps s'était remis à la neige.
Combien de fois, durant cette longue route, je regrettai le bon manteau de M. Goulden et ses souliers à doubles semelles!