I

Per molti, Donna, auzi
Per mille amanti
Creata fosti, ed'angelica forma:
Or, par che in ciel si dorma,
Che un sol s'appropria quel
Ch'è doto a tutti.
Ritorma à'nostri pianti
Il sol degli occhi tuoi,
Dre par che schivi
Chi, per perdesto, in tal
Miseria è nato.

II

Deh, non turbate i vostri
Pensier santi:
Che chi di me par chevi
Spoglio privi,
Pel gran timor non gode
Il gran peccato.
Che degli amanti è men
Felicestato
Que l'ove gran voglia gran
Conia ingombra
Che una miseria di spesanza piona.

Ce sont les plus beaux vers de l'époque. En voici une faible traduction:

Florence à la Liberté:

«Ô femme, tu fus créée pour mille amants, dans la perfection de tes formes angéliques. On dirait aujourd'hui que dans le ciel la justice s'est endormie, puisqu'un seul s'approprie ce qui fut donné à tous. Rends à nos yeux baignés de larmes le soleil de tes regards, qui semble dédaigner le spectacle de notre misérable chute!»

La Liberté répond:

«Ah! ne troublez point la sérénité de vos saintes pensées! Celui qui semble vous éloigner et vous priver de moi perd par sa grande terreur la jouissance de son grand crime. L'état heureux des amants n'est pas celui où la jouissance amène la satiété: c'est une souffrance misérable, mais remplie d'espérance.»

Reprenons: