I

Le bruit de ses heureuses dispositions parvint jusqu'à son oncle, Antoine de Fénelon qui, arrivé au premier grade de l'armée, appela son neveu auprès de lui à Paris.

On destinait l'enfant à l'Église. On lui fit poursuivre ses études philosophiques et théologiques dans les hautes écoles de Paris. Son génie précoce y éclata comme il avait éclaté à Cahors. La gloire anticipée et la faveur générale qui entourait le jeune Fénelon, firent craindre quelque enivrement du monde au vieil oncle, son tuteur, qui se hâta de le faire entrer dans le séminaire Saint-Sulpice, pour l'attacher au sacerdoce par des vœux.

III

L'ardente imagination du jeune lévite devait naturellement le porter à l'héroïsme de sa profession. Il forma la résolution de s'enrôler parmi les missionnaires qui allaient convertir le Canada au christianisme, et de se consacrer, comme les premiers apôtres de l'Évangile, à la poursuite des âmes parmi les idolâtres, dans les forêts du nouveau monde.

Le directeur de Saint-Sulpice, homme sage et prudent, avertit le marquis Antoine de Fénelon de la résolution de son élève. On l'envoya chez un autre de ses oncles, évêque de Sarlat, qui lui défendit, au nom du ciel, de poursuivre ce dessein téméraire, et le fit rentrer au séminaire de Saint-Sulpice.

Le jeune homme ne tarda pas à devenir prêtre, resta à Paris, et fut employé, pendant trois ans, à expliquer les mystères aux enfants du peuple, les jours de fête et les dimanches, dans la sacristie de l'église Saint-Sulpice.

IV

L'évêque de Sarlat l'appela de ces humbles fonctions dans son diocèse, pour le faire nommer représentant du clergé de la province à l'assemblée générale du clergé.

La jeunesse de Fénelon fit échouer l'ambition de son oncle: un autre ecclésiastique de haute naissance obtint les suffrages. Fénelon reprit à Sarlat sa passion d'apostolat lointain et poétique pour la conversion des peuples.