Ici encore, vous pourrez recevoir l’esprit de l’histoire et l’amour de son plan providentiel.

Regardez donc et comparez, sur toute la terre, l’état présent des hommes, les circonscriptions naturelles dans le plan de la terre habitable, les races, les langues, les religions, l’état intellectuel et moral, l’état social et politique. Faites intervenir ici les grands résultats de la physiologie, de la philologie et de la symbolique comparées.

Vous ne tarderez pas à découvrir une race centrale et civilisatrice, enveloppée par le reste du genre humain, comme un noyau par son écorce, race blanche, géographiquement entourée d’hommes de toute couleur, dépositaire du culte d’un seul Dieu, entourée d’idolâtres ou même d’adorateurs explicites du mal ; dans cette race seule, la famille, c’est-à-dire l’élément social, constitué par l’unité du lien ; dans cette race seule, quelques traces de chasteté, c’est-à-dire de spiritualité, tempérant la fermentation maladive de la génération charnelle, et permettant à quelques hommes, en quelque chose, de devenir lumière et amour libre, afin de diriger le monde vers la justice, la vérité, la liberté, l’union ; partout ailleurs, l’humanité découronnée, dégradée par la sensualité débordante, et par l’intempérance sans frein ; partout ailleurs, l’humanité paralysée, écrasée dans l’un des deux côtés d’elle-même, l’un des deux sexes ; mais toujours la justice, l’intelligence, la science, la force, la dignité, la liberté, ou leur absence, proportionnées, dans chaque partie du genre humain, à la plus grande ou moindre participation de chaque peuple à la lumière et à la religion du noyau central et civilisateur.

Mais parmi les peuples même les plus rapprochés du modèle, quelle distance relativement à l’idéal ! A part quelques héros, où en sont les meilleurs des hommes et les peuples les plus éclairés ? Que savent-ils et comment vivent-ils ? Chez qui Dieu règne-t-il ? De quel peuple Dieu peut-il se servir aujourd’hui pour faire marcher l’histoire, et avancer le monde vers le but de sa volonté sainte ?

Voilà quelques remarques sur la première question : Où en sommes-nous ?

III

Entrez alors dans la seconde, et, sans jamais perdre de vue tout ce premier tableau, reprenez, toujours par voie de synchronisme, et d’histoire générale comparée, l’histoire distincte des races et des nations ; toujours avec rapidité, en parcourant, aussi rapidement qu’il se pourra, chaque ligne, depuis son origine perceptible jusqu’à nos jours. Les revues de totalités peuvent seules instruire. Par là seulement, vous comprendrez ce qui retarde ou avance chaque nation et l’ensemble de l’humanité. Par là vous verrez clairement où est le courant principal de l’histoire ; où sont les eaux stagnantes. Vous verrez à quelle époque précise l’humanité a cessé de dormir comme un lac, lac exposé à se corrompre tout entier ; à quelle époque précise s’est enfin écoulé du lac un fleuve d’eau vive et vivifiante, qui peut-être entraînera tout.

Vous suivrez facilement ensuite le chemin parcouru par le fleuve.

IV

Quant à la troisième des questions historiques, « quelle est la voie de l’avenir ? » je crois qu’il vous sera utile de la poser et de la traiter. Ce n’est plus, si l’on veut, que de la philosophie de l’histoire. Soit. C’est précisément la science comparée que nous cherchons.