—Il y a le choléra en Allemagne.

—Je l'ai lu sur un journal.

—Que diriez-vous d'un voyage à Vienne, ça s'expliquerait, pour le monde, par la curiosité bien naturelle à une femme de voir l'exposition—et par la complaisance sans bornes d'un époux amoureux.

Une fois à Vienne, on chercherait les localités où les cas sont les plus nombreux, et on irait s'y installer.

—Quand partons-nous?

—Après-demain.

—Je serai prête.

Voilà ce qu'on m'a raconté,—en me montrant Lady **** qui revient d'Allemagne en grand deuil,—et j'ai tout lieu de croire mon narrateur bien informé, car j'ai vu par hasard une de ses cartes, et il s'appelle M. ***, et il est parti le même jour que Milady.

Sous le règne de Louis-Philippe, j'ai connu un vieux député,—qui... ressemblait à beaucoup d'autres:—il était député de l'opposition, mais d'une opposition bénigne, modérée, conciliante;—il ne parlait jamais,—votait avec le centre gauche,—faisait les commissions de ses administrés et de leurs femmes,—apostillait leurs demandes pour les bureaux de tabacs et les bureaux de poste,—procurait à ceux qui venaient à Paris des billets pour la Chambre des députés, les musées, aux jours réservés, les Gobelins, etc. Il était, pour ainsi dire, député à vie;—ses commettants voulaient un député de l'opposition, mais qui se maintînt pourtant avec les ministres dans des relations assez bienveillantes pour pouvoir, à l'occasion, obtenir d'eux pour son département une justice,—une faveur, peut-être même une petite injustice;—il avait sa petite part de menues chatteries pour ses représentés,—mais j'avais eu une ou deux occasions de remarquer que, lorsqu'il s'agissait de lui-même ou de ses proches, il obtenait des faveurs dépassant de beaucoup le crédit que je lui supposais.

Un jour que je le trouvai écrivant à un ministre pour solliciter je ne sais quelle position importante pour son gendre,—je ne lui cachai pas le peu de chances qu'il me semblait avoir de réussir.