Il fallait dire comme MM. Gervex et Stevens:

Le roi Louis XVI—la reine Marie-Antoinette—la princesse de Lamballe.

Voici David; M. Reinach constate qu'il a peint avec le même talent—et Marat et Napoléon Ier,—qu'il a été républicain farouche et humble courtisan;—et, voulant ajouter une épithète au nom du peintre,—l'auteur de la notice tombe malheureusement,—quand il avait tant d'adjectifs à sa disposition, sur l'épithète la moins juste, la moins appropriée au sujet,—il l'appelle peintre impeccable.

Il paraît que c'est son mot pour les peintres;—il appelle également Ingres l'impeccable.—Décidément la peinture n'est pas généreuse pour lui en adjectifs;—il appelle Horace Vernet le «fantassin de la peinture»; peut-être n'a-t-il jamais vu les magnifiques chevaux de front s'élancer hors du cadre de la Prise de la Smala d'Abdel-Kader; pourquoi «fantassin», ce peintre qui aimait tant les chevaux et en a fait tant de chefs-d'œuvre?

Pourquoi Berlioz est-il appelé divin au milieu d'Auber, d'Halévy, d'Adam sans épithètes?

Quant à Daguerre «qui arrache à la nature ses secrets», nous en reparlerons tout à l'heure, à MM. Gervex et Stevens. Décidément, c'est une grande difficulté, que M. Reinach surmonte rarement, que de s'imposer le devoir de mettre une adjectif à chaque nom. Ainsi, il appelle les esprits riants, les plus gais, les plus doux de notre temps—le sombre Gérard de Nerval, et Morny également était loin d'être un homme sombre, quoi qu'en dise l'auteur de la notice. De même,—Victor Hugo n'est pas un «républicain vaincu», nous en reparlerons également tout à l'heure, lorsque je m'adresserai à MM. Gervex et Stevens.

De quel droit M. Reinach—aux acheteurs de la brochure qui veulent simplement qu'on leur désigne les si nombreux personnages du panorama—prétend-il leur donner, leur imposer des appréciations comme celle-ci:

«Le grand Gambetta et M. de Freycinet—font sortir des armées de terre et les organisent.»

Tandis que beaucoup de visiteurs de panoramas—ont leur opinion faite sur ces deux dictateurs,—auxquels—Thiers a reproché publiquement d'avoir, par leur incapacité et leur outrecuidance, coûté à la France la moitié de ses pertes en hommes, en territoire et en argent.

MM. Stevens et Gervex—se contentent de dire: «Voici Gambetta, voici M. de Freycinet,»—et tout le monde est d'accord pour applaudir le talent des artistes.