On y dit que le docteur Monin, célèbre médecin de Grenoble, a inventé quelques années auparavant le café au lait. Voilà une des rares drogues qui ont survécu aux modes.—Ce célèbre médecin, dit le médecin Dufour,—a «employé le café au lait et en a fait de fort belles cures».

«Au moyen de lait cafeté, j'ai arrêté la toux, guéri la migraine, la phtisie, la pleuropéripneumonie, la fièvre tierce, double tierce, triple quarte.»

Une des plus jolies fougères—l'adiantum cheveux de Vénus—a joué un assez grand rôle et a guéri bien des maux en 1644, comme en fait foi un traité publié par le docteur Pierre Formi, docteur de l'université médicale de Montpellier. L'adiantum est une délicieuse petite fougère qui, dans la région que j'habite, vit très volontiers dans les anfractuosités et les fentes intérieures des vieux puits; elle ne s'élève pas à plus de dix à douze centimètres—sur des tiges fines comme des cheveux et d'un noir vernissé, elle émet des feuilles arrondies et découpées d'un vert gai;—on l'appelle, et on l'a appelée de tout temps, cheveux de Vénus;—cela me gêne un peu parce que je vois Vénus blonde. Elle sert, dit Pline, à teindre les cheveux et à les faire croître longs, épais et frisés; pour cet effet, on la fait cuire dans du vin et de l'huile.

On lui a découvert d'autres vertus. En MDCXLIV,—le docteur Pierre Formi, de l'université de médecine de Montpellier, a publié un Traité de l'adiantum, cheveux de Vénus—contenant la description, les utilités et les diverses préparations galiéniques et spagiriques de cette plante pour la «guérison de quelque indisposition que ce soit». Ce titre est modeste, car, dans la dédicace faite à puissante dame Marguerite de Montprat, abbesse de Noneuques,—il avoue—qu' «il n'est de maladie contre laquelle l'adiantum ne déploie le bénéfice de sa vertu».

Il purifie le sang, guérit la mélancolie, l'hypocondrie, toutes fièvres; fait croître et épaissir les cheveux, combat victorieusement le catarrhe, l'épilepsie, la céphalalgie, les maux de dents et d'oreilles; éclaircit la vue, éveille les facultés du cerveau, excite les puissances vitales, réjouit le cœur, annihile le venin des serpents, des scorpions, des vipères.

Il guérit encore l'asthme, la péripneumonie, la gravelle; remédie à la stérilité et à l'impuissance, la teigne, la jaunisse, les écrouelles, les ulcères, les fistules, etc. L'auteur cite encore Galien, Théophraste et Dioscoride.

La tisane qu'on en fait est un vrai or potable par sa couleur et par ses vertus; on en fait du vin adiantum, des opiats, des tablettes, des pastilles, des pilules, des poudres, des juleps, des gargarismes, des cataplasmes, etc.

Enfin, on ne voit pas ce qu'il reste à guérir aux autres drogues, médicaments, panacées, etc.

Le volume est terminé par des éloges, en prose, en vers, en français, en latin, en grec, du docteur Formi et de son ouvrage par d'autres médecins et savants.

En MDCLXVIII, le docteur Baillaud dédie à M. Bourdelle, premier médecin de la reine de Suède, conseiller et médecin du roy, un «discours du tabac».