Ces grands hommes d'alors, lorsque, au nom de la liberté, ils se disputaient le despotisme, n'hésitaient pas à s'entre-guillotiner.—Je sais bien que certains de nos grands hommes d'aujourd'hui, qui ont fait leurs preuves comme membres ou partisans de la Commune, ne détesteraient pas ces expédients; mais ils sont arrêtés par un scrupule: c'est que, pour demander la tête de ses adversaires, il faut mettre la sienne en jeu.—La méchanceté ne manquerait pas, mais le tempérament manque tout à fait.
C'est pourquoi ces farceurs et ces chienlits déguisés qui en Robespierre et en Danton, qui en Fouquier-Tinville, en Collot-d'Herbois, en Marat, etc., pâlissent sous leurs masques et se contentent puérilement de prendre un sanglier avec des filets à papillons et de jouer, dans la politique, le rôle que jouent dans les cirques les clowns, qui, en faisant des cabrioles, viennent dans l'arène élever des obstacles apparents, barrières, banderoles, cercles de papier, que jamais, on le sait d'avance, le cheval et l'écuyer vêtu d'un maillot, frisé et pommadé, ne manque de franchir, de crever et de traverser aux applaudissements du public.
ÉLOGE DE LA MORT
Θανατου
Εγχομιον
[Thanatou
Enchomion.]
Vous avez l'air ennuyé.—Qu'avez-vous?
—Je voudrais être mort.
—Vous n'êtes pas dégoûté!
Le mieux serait de n'être pas né, de le savoir et d'en jouir en regardant les hommes et la vie.
Quelle est l'âme qui—au moment de descendre animer un être—sous deux baisers, si l'on faisait apparaître devant elle toute sa vie probable—consentirait à naître?