On entend dans les rues des gens qui crient: «Voilà la nouvelle ordonnance qui défend de compter autrement que par les centimes.—La voilà pour DEUX SOUS.»

Du reste, jusqu’à ce que tout le monde s’entende, il faudra subir de nombreuses et incommodes conséquences.—De l’aveu des médecins, les erreurs qui se commettent déjà trop fréquemment entre eux et les pharmaciens vont prodigieusement augmenter en nombre, et l’on pourrait déjà citer quelques martyrs du système décimal.—Quelques prescriptions deviennent impossibles, à cause que la division par tiers n’existe pas rigoureusement dans le système décimal.—Or, l’emploi habituel des poisons en médecine exige dans les doses une précision qu’il est dangereux de diminuer.

La Régie des tabacs a tiré déjà de la circonstance un parti qui trouvera des imitateurs.—Cette pauvre Régie ne produit que 90 millions par an,—elle ne gagne que trois cent soixante-cinq pour cent sur le prétendu tabac qu’elle livre à la consommation.—Dans la difficulté de mettre en rapport les poids et les prix, elle a pris un biais qu’il serait long et ennuyeux d’expliquer ici, et qui augmentera son bénéfice de quatre un quart pour cent. En même temps on change le nom d’un grand nombre de rues, pour augmenter la facilité qu’ont déjà les gens à s’égarer.

Je continue à dénoncer les princes du sang royal comme faisant usage de tabac de contrebande.

Je ne cacherai pas non plus à l’autorité que j’ai reçu un sac de tabac excellent, orné d’une étiquette ainsi conçue:

Sala, marchand de tabacs de Smyrne.
Rue de Chartres, 91, à Alger.

Mais qu’est-il donc arrivé à mes guêpes? L’escadron que je voulais faire donner sur le monde et la littérature refuse de marcher.