L’AUTEUR. Je vous assure, Moloch, qu’il y a des gens qui en disent beaucoup de bien.

MOLOCH. Oui;—l’auteur, ne se voyant pas assez loué à sa guise par ses amis, a pris le parti de se louer lui-même dans un journal qui lui appartient.

MAMMONE. Le jour de la première représentation, où la salle était si brillante, où il y avait tant de nobles et jolies femmes,—j’ai bien vu ce qui s’est passé, cachée dans une fleur de la coiffure de madame...

Les amis applaudissaient des mains en disant: «Oh! que c’est mauvais...»

L’AUTEUR. Mais, Mammone, vous savez combien un homme a peu d’amis qui ne soient pas un peu contents d’une humiliation qui lui arrive.

ASTARTÉ. Les acteurs faisaient des entrées et des sorties qui n’avaient pour raison que d’aller changer de pantalons.—On craignait à chaque instant qu’il n’y eût des changements de pantalons à vue.—Quelqu’un en sortant...

MAMMONE. Je crois que ce quelqu’un est M. de Mornay,—mais je n’en suis pas bien sûre.

ASTARTÉ. Quelqu’un racontait que le duc d’Orléans avait dit: «C’est une pièce en cinq actes et en cinq pantalons.»

AZAZEL. Pourquoi n’avez-vous pas parlé de ces longs et solennels débats à propos de la lettre qu’on apporte sur un plat d’argent?—les acteurs voulaient qu’on le supprimât,—mais l’auteur y a tenu comme à un des plus beaux morceaux de sa comédie, et M. de Rémusat, qui dirigeait les répétitions en même temps qu’il méditait la rédaction de l’adresse de la Chambre,—a fort appuyé l’auteur dans sa résistance.

«Mais, monsieur le comte, disait un comédien, le public prendra votre lettre pour un beefteack, et il exigera qu’on mette alentour des pommes de terre ou du cresson.»