C’est le compte.

Les ours vertueux commençaient à poindre, les centenaires se manifestaient dans les provinces, quand la question de la réforme électorale, question providentielle, s’il en fut jamais, est venue tirer d’embarras ces pauvres feuilles quotidiennes.

Voici la miraculeuse logique des partisans de la réforme électorale et du suffrage universel: 1º ils se plaignent du règne de la petite bourgeoisie et de la finance; 2º de la corruption électorale.

On pourrait leur répondre: 1º qu’ils n’ont dans la bourgeoisie que ce qu’ils ont fait et demandé; que ce gouvernement des bonnetiers et des usuriers m’est aussi désagréable qu’à eux pour le moins; mais que ce n’est pas une raison pour lui substituer le seul qui puisse être pire. Car, Dieu merci! si le gouvernement des bourgeois est mauvais, ce n’est pas parce qu’ils sont trop spirituels et trop éclairés, et le premier changement ne devrait pas être pour descendre de ce qu’ils avouent être trop bas. Il est difficile de voir en quoi le gouvernement des porteurs d’eau, des marchands de chaînes et de peaux de lapin, l’emportera sur celui des prêteurs à la petite semaine et des droguistes.

Ces messieurs, qui trouvent aujourd’hui si mauvais, et je suis bien de leur avis, le gouvernement des bourgeois, le trouvaient excellent quand il s’agissait de faire arriver aux affaires cette classe dont ils faisaient partie. Mais ces bons marchands, qui n’avaient jamais pensé à être rois de France, y sont maintenant accoutumés, prennent la chose comme si elle leur était due, et ne se laissent plus assez diriger. D’ailleurs, ils ont gagné ce qu’ils pouvaient espérer, et ils ont quelque chose à perdre.

2º Si on corrompt les électeurs à deux cents francs, ce que je ne nie pas, si les garanties de fortune sont insuffisantes, quelles garanties donneront des gens sans fortune? Cela ne peut amener qu’un rabais avantageux aux corrupteurs, et procurera des consciences à trois francs.—Le treizième en sus.

QU’ON SE LE DISE.

Les pauvres diables qui rédigent, ou à peu près, les journaux ministériels, ont eu bien du mal par ces temps derniers. Il s’agissait de décrire d’une manière chaude et variée l’enthousiasme des populations sur le passage de LL. AA. RR. le duc et la duchesse d’Orléans. Voici à peu près comment ils se tiraient d’affaire: