Là, les femmes étaient à l’abri de tous les tracas et de tous les ennuis de la vie extérieure; elles ignoraient les lois du pays;—car dans la maison il n’y avait pas d’autres lois que leur volonté—à elles, reines absolues, reines par l’amour.
Si elles embellissaient la maison,—elles tiraient de la maison un charme indéfinissable;—tout ce que la maison,—cet asile sacré,—renfermait de paix, d’élégance, de tranquillité, d’amour et de bonheur, semblait s’exhaler d’elles—comme un parfum.
Dans la maison, au charme d’être belles elles joignaient celui plus puissant encore d’être belles pour un seul,—de se réserver pour lui,—d’être avares d’elles-mêmes pour lui,—tant elles comprenaient qu’elles étaient un trésor,—et le plus précieux de tous les trésors.
Mais aujourd’hui les femmes ont quitté la maison,—elles ont abdiqué leur noble et bel empire héréditaire, dans de fausses idées de conquêtes et d’agrandissement.
Et elles ont emporté avec elles toute la paix, tout le charme et tout le bonheur de la maison.
Et je leur dis,—comme le génie d’un conte de fée dit à la belle princesse qui s’éloigne:
«Retournez-vous, madame, et voyez derrière vous la maison qui s’écroule et n’est plus que ruines et décombres.»
LES FEMMES.—III. Ce que nous signalons est un plus grand malheur qu’on ne le saurait exprimer,—et je plains à ce sujet les femmes plus que je n’ose les blâmer.
Le métier d’honnête femme est devenu,—grâce à l’aveuglement des hommes,—le plus mauvais de tous les métiers.