Mais le parti légitimiste se rassembla chez M. de Noailles,—et là on établit que, si M. Barrot oubliait la rue Transnonain,—M. Berryer devait se souvenir de la trahison de Deutz et de la captivité de Blaye;—que, sans se faire philippiste, il était de la dignité et de l’honneur du parti de rester conservateur, et qu’en conséquence on refuserait tout appui à M. Thiers, non-seulement pour le vote des fonds secrets, mais encore pour tout ce qu’il pourrait demander à la Chambre.
M. Thiers avait contre lui la droite et les 221; mais combien sont les 221?
Quand on se rangea en bataille, les 221 se trouvèrent n’être que 195.
M. Thiers, qui avait suffisamment flatté la gauche et le parti révolutionnaire dans ses discours, et qui ne pouvait plus compter sur la droite et le parti légitimiste, écrivit soixante deux billets à soixante-deux deux cent vingt et un,—ou députés conservateurs,—pour leur dire confidentiellement: «Les agaceries à la gauche sont une nécessité gouvernementale:—vous savez que je suis conservateur,—ma femme va au bal chez vous.»
Puis, en post-scriptum, il disait:
A M. Bugeaud: «Vous aurez le commandement de l’armée d’Afrique.»
A M. Boissy-d’Anglas: «J’étais l’ami du maréchal Maison.»
A M. Lebœuf: «Je vous débarrasserai de M. de Ségur,—et votre femme sera invitée aux Tuileries.»