On fit alors proposer, par M. d’Angeville, un des deux cent vingt et un,—un amendement tendant à diminuer de cent mille francs l’allocation demandée.

Taux auquel le ministère présomptif consentait à gouverner, à sauver la France, et à faire son bonheur.

Pourquoi ne pas entreprendre le gouvernement tout de suite et franchement, comme les fournitures de bois,—au rabais et sur soumissions cachetées.

L’amendement fut rejeté à une majorité de 103 voix.

Le million, ensuite, fut voté à une majorité de 86 voix.

Ce qui prouve qu’il y a à la Chambre dix-huit membres qui, sans distinction de parti, ne veulent pas que le ministère, quel qu’il soit, ait moins d’un million pour récompenser le dévouement qu’ils sont bien décidés à avoir.

Et le ministère présomptif fut déclaré présomptueux.

Singulière époque que celle-ci, où l’on n’accepte pas comme principe suffisamment libéral le fils d’un régicide—mis lui-même sur le trône par une révolution. Voilà M. Thiers roi de France.

Voici donc M. Thiers roi de France,—et le roi Louis-Philippe passé à l’état de fétiche, de grand Lama,—ayant dans l’État précisément la même influence qu’aurait un de ses bustes de plâtre qui décorent les mairies et les théâtres.