»Que l’humanité, frères de la vertu, pèr de la sagesse, puisse touché votres cœur bont et humain en faveur d’un pauvre malheureux honteux emproie à la plus afreuse misères, nayant pour partage que la morts, si il est abandonné par les personnes d’esprit; qui peuve si il veut le secourir.
»Hélas! qu’il est doux à un cœur bien né de secourir le vrai malheureux, en fesant une bonne action on posède la vrai pais du cœur et la jouissance pure de l’âme.
»En grâce que votres main bien fesante ne me repousse pas dans la tante de vos bienfait.
»Qu’une couronne de gloire soit le prix de la récompance bien mérité de votres humanité.
»Votre très soumit serviteur.»
14.—Comme le ministère n’a encore rien pu faire pour le Constitutionnel, il a voulu donner, du moins, une nouvelle sanction à ses promesses, il l’a fait manger plusieurs fois à sa table.
On parle d’un ravissant dîner, à la présidence du conseil, auquel ont assisté tous les propriétaires et une partie des rédacteurs de ladite feuille.—Sur la fin du dîner, un des propriétaires a chanté une chanson un peu gaillarde;—madame Dosne était au supplice. On a renouvelé toutes les promesses déjà faites, en ajournant l’exécution jusqu’après la session. Provisoirement on donnera au Constitutionnel beaucoup d’articles gratis,—tels que statistique, tableaux, etc., etc.; toutes choses que les journaux aiment à vendre quatre-vingts francs et à recevoir pour rien. La candidature de M. Véron sera chaudement appuyée;—on le présentera dans un pays moins arriéré et plus intelligent des principes constitutionnels que la Bretagne, où on n’a pu se figurer qu’un ex-directeur de l’Opéra, quelque habile et spirituel qu’il se soit montré dans sa gestion, puisse être un homme sérieux.—Quelques personnes du pays avaient conçu de M. Véron les idées les plus singulières; elles semblaient s’attendre à le voir arriver en pantalon de tricot couleur de chair;—et un électeur, en l’entendant annoncer, fit retirer ses deux filles qui brodaient dans le salon.
—Dans la traite des députés que fait M. Thiers, il se sert, tant qu’il peut, de M. Guizot—pour ramener les pins rebelles;—mais M. Guizot a perdu toute sa valeur, depuis qu’il s’est fait l’instrument subalterne de M. Thiers et qu’il reçoit des ordres de lui.
—Les journaux de la gauche sont fort embarrassés; ils ne veulent pas perdre le fruit de leur dévouement, et cependant ils s’inquiètent des concessions que M. Thiers est obligé de faire aux conservateurs, concessions qui leur rendent chaque jour plus difficile de soutenir un ministère qui se met dans une situation déjà bien peu conforme aux principes rigoureux qu’ils ont mis si longtemps en avant.