J’ai entendu raconter à M. Laffitte, qu’il avait entendu dire à un juré: «Entre nous, ce n’est pas pour rien qu’on place ainsi un homme sur un banc, entre deux gendarmes; ce n’est ni vous, ni moi, ni aucun honnête homme qu’on connaisse, que l’on traite ainsi. Cet homme-là a fait quelque chose; si ce n’est pas le crime dont on l’accuse, c’est un autre; et je condamne.»

Ceux qui ne condamnent jamais admettent toujours des circonstances atténuantes. Nous avons vu un homme accusé d’avoir coupé sa sœur par morceaux, déclaré coupable, mais avec des circonstances atténuantes. Où diable étaient les circonstances atténuantes?

Est-ce parce que la victime était sa sœur, ou parce que les morceaux étaient petits?

Il ne me semble pas que ces exemples de bévues, que je pourrais multiplier à l’infini, militent puissamment en faveur de l’abaissement du cens électoral et du suffrage universel.

Il y a sur l’institution du jury une curieuse et singulière remarque, que je n’ai aucune raison de garder pour moi seul.

Tout est aux mains des marchands: la royauté, la presse, les places, les honneurs, etc.

La justice n’a pu leur échapper; la justice est rendue à leur point de vue.