—Monsieur, je suis atteint de la plus grave infirmité.
—Passez dans ce cabinet.
—Mais...
—Passez dans ce cabinet.
Notre homme entre dans une petite pièce voisine, où on le fait se déshabiller des pieds à la tête. Il reparaît bientôt devant le conseil vêtu comme notre premier père.
—Voulez-vous maintenant nous dire quelle est votre infirmité?
—J’ai la vue basse.
—Hier dimanche, le concert de M. Listz a été remarquable d’abord en ceci, qu’on n’était admis que sur invitation et nullement en payant.—C’est une noble idée qu’un roi n’aurait pas; il n’y a que les artistes et les pauvres pour de telles magnificences.
M. Listz a, comme de coutume, donné le spectacle d’un beau talent qui se perd souvent dans l’exagération.—C’est, du reste, un moyen d’influence sur certaines femmes, qui abusent de ce bruit pour en faire un peu de leur côté,—et il y en avait qui se tordaient.—Une princesse, fidèle aux pianistes en général, n’a pas voulu s’asseoir, par enthousiasme; elle s’est tenue tout le temps debout, appuyée contre une colonne;—une comtesse pleurait et criait:—ces dames sont des étrangères qui pensent, sans doute, que c’est ainsi qu’on a l’air de se connaître en musique.