—Un monsieur m’a apporté, un jour, des pensées à mettre dans les Guêpes.—L’abondance des matières,—comme disent les journaux, m’a empêché jusqu’ici d’obtempérer à ses désirs.—Mais il m’écrit des injures et des menaces.—Pour ne pas me faire une mauvaise affaire avec ce monsieur, qui me paraît fort méchant,—je vais transcrire ici la première pensée du recueil,—et, comme j’ai perdu son adresse,—je le préviens que je suis prêt à lui restituer les autres.

Voici la pensée:

«La vérité est un flambeau de lumière qui n’éclaire que ceux qui marchent à sa lueur.»

—On citait hier une femme de la société qui, pour se conformer au préjugé populaire qui veut qu’on ait quelque chose de neuf le jour de Pâques, n’a rien trouvé de mieux que de prendre un nouvel amant.

21.—Alfred M... est un peintre sans réputation et sans talent, qui se console parfois au cabaret des rigueurs de la fortune. Hier, on frappe chez lui de bonne heure, il ouvre et voit entrer son tailleur.

—Ah! c’est vous, monsieur Muller.

—Oui, monsieur, et voilà plus de dix fois que je viens; c’est bien désagréable.

—Vous venez peut-être me demander de l’argent?