Avec de l’imagination et des obstacles, on peut toujours adorer une femme; il n’est pas aussi facile de l’aimer.

C’est une triste chose pour une femme de s’apercevoir que l’homme qu’elle préfère n’est pas le premier des hommes, et que tout le monde ne partage pas son amour et son admiration pour lui. L’estime des autres pour celui qu’elle aime est pour beaucoup dans l’amour d’une femme, parce que, dans son amant, elle cherche un appui et un protecteur; parce qu’elle sent qu’elle s’identifie à lui, qu’elle ne devient plus qu’une partie de lui-même, et s’absorbe en lui et n’aura plus d’autre considération, d’autre gloire que la sienne.

Une femme aime moins son amant pour l’esprit qu’il a que pour l’esprit qu’on lui trouve.

Il n’y a rien d’embarrassant comme d’être trop familier avec une femme dont on est amoureux; on perd tous ces indices si importants.—Vous ne pouvez comprendre ni vous faire comprendre. Une pression de main n’a plus aucun sens. Si vous voulez, on vous laissera donner un baiser. Vous pressez le bras, on n’y fait pas attention.—Pour faire comprendre que vous êtes amoureux, il ne suffit pas de faire naître un sentiment,—il faut en détruire un autre, il faut dire ouvertement. Je vous aime,—et peut-être,—je vous aime d’amour.

L’ami d’une femme peut, à la faveur d’un moment et d’une occasion, devenir son amant; mais l’homme qu’elle n’a jamais vu a mille fois plus de chances que lui.