2.—Voici la lettre que je reçois,—relativement au volume du mois dernier:

«Monsieur, où diable avez-vous découvert que les lauriers-roses produisent de l’acide prussique?

«Ah! vous confondez une apocynée avec une rosacée,—vous!

«Vous mériteriez, vous et vos guêpes, un déjeuner de véritable acide prussique. UNE FOURMI.»

Voici ce que je réponds à la fourmi:

«Fourmi, vous avez raison et j’ai tort,—le laurier-rose, auquel les botanistes n’accordent pas d’être un laurier,—mais un nérium, ne contient pas d’acide prussique ou hydrocyanique.

«Mais—il contient un principe délétère tellement subtil, que ses émanations seules, au rapport de quelques auteurs, ont suffi pour causer la mort.

«Un homme, pour avoir mangé d’un rôti cuit au moyen d’une broche faite avec le bois de nérium,—devint fou, eut une syncope et mourut.» (LIBANTIUS, Comment. de venenis.)

«M. Orfila, dans sa toxicologie, met le laurier-rose au nombre des poisons narcotico-âcres,—et il avoue avoir tué beaucoup de chiens avec l’extrait et avec la poudre de cet arbrisseau;—je ne pense pas que ce principe ait reçu de nom.

«Ainsi donc, fourmi,—mon erreur, que je reconnais humblement, repose sur le mot,—et mes guêpes n’en ont pas moins, selon mes ordres,—puisé dans la fleur du laurier-rose de quoi rendre leurs piqûres suffisamment désagréables. Recevez, fourmi, mes remercîments et mes compliments empressés.»