26.—La fête a été commune:—c’est toujours la même fête qu’on donne au peuple,—sous tous les gouvernements,—et en commémoration de n’importe quoi.—La joute à la lance, sur la rivière, a manqué.—Tous les autres exercices ont été supprimés;—aussi serait-il impossible de trouver, sur la Seine, cinq mariniers bons nageurs.—Le feu d’artifice a été d’une grande magnificence.

27.—M. Thiers a du malheur:—ce n’est pas assez de sa responsabilité de président du conseil,—il faut que tout ce qui arrive de fâcheux, en ce moment, tombe précisément sur le ministre des affaires étrangères.—A Londres, pendant une visite du duc de Nemours,—il arrive ce que vous savez;—la France est exclue de la quadruple alliance.—A Vienne, M. de Saint-Aulaire,—averti que M. de Metternich lui préparait l’avanie de l’excepter seul des invitations faites aux ambassadeurs,—fait semblant d’avoir oublié sa tabatière à Paris,—et laisse là-bas son secrétaire d’ambassade. M. de Langsdorf,—ignorant l’étiquette,—remet son chapeau sur sa tête, après avoir salué—M. Mensdorf;—est-ce bien Mensdorf que ce monsieur s’appelle?—Mensdorf, Langsdorf,—des noms de cette dureté devraient bien s’arranger pour qu’il ne leur arrivât rien qui force à parler d’eux; M. Mensdorf—jette à terre le chapeau de M. Langsdorf.—A Constantinople, M. de Pontois donne des lettres de recommandation—à un jeune homme qui va contribuer à l’insurrection de Syrie.—En Prusse,—M. Philippe de Ségur, envoyé extraordinaire de France, et M. Bresson arrivent trop tard au palais où ils ont été invités par le roi;—le comte de Ségur veut s’excuser;—Sa Majesté répond en souriant: Les représentants de la France n’arrivent jamais trop tard en Allemagne.

N. B. Les journaux du ministère ont pris cela pour une phrase bienveillante,—et racontent tous l’incident avec un petit air de triomphe—on ne saurait plus bouffon.

Voici la situation dans laquelle je laisse les choses en m’en retournant à Étretat:

M. Thiers—est entré aux affaires, sous prétexte de cabinet parlementaire et vertueux;—à le considérer comme vertueux, je crois la lecture des derniers volumes des Guêpes assez édifiante et instructive;—à le considérer comme parlementaire,—M. Thiers, partisan effréné de l’intervention et de l’alliance anglaise,—est sur le point de mettre la France en guerre avec toute l’Europe, en commençant par l’Angleterre,—pour défendre la non-intervention.

La rente a baissé de six francs.

M. Chambolle, du Siècle; M. Jay, du Constitutionnel; et M. de Lapelouze, du Courrier français, se sont levés comme un seul homme,—brandissent leurs plumes,—les mettent à leurs chapeaux en guise de plumet—et défient les ennemis de la France.—Mort et furie!—Sabre et poignard!—Damnation!