13.—Le roi, voulant aller à Boulogne sur le Véloce, a été obligé, par le gros temps, de relâcher à Calais.—Arrivé enfin à Boulogne,—il a donné beaucoup de croix d’honneur,—et a appelé les douaniers ses chers camarades.

—Le retour de l’ambassade de Perse—a causé une grande joie dans les coulisses de l’Opéra.—Plusieurs des jeunes envoyés ont reçu, assure-t-on, en présent, des sabres et des décorations—enrichies de strass.

14.—On faisait beaucoup de bruit des mémoires que va publier M. Gisquet. En effet, M. Gisquet, âme damnée de M. Thiers, pouvait faire de singulières révélations. On a intrigué, on a promis de réintégrer le gendre de M. Gisquet dans sa recette générale, et M. Gisquet a fini contre M. de Montalivet ce qu’il avait commencé contre M. Thiers.

15.—M. Renaud de Barbarin, gendre du vertueux M. Valentin de la Pelouze, vient d’être brutalement nommé conseiller à la cour des comptes.

16.—M. de Lamartine a écrit dans le Journal de Mâcon et dans la Presse une longue lettre sur les affaires d’Orient.—Dans beaucoup d’endroits, cette lettre n’est pas digne de M. de Lamartine; mais elle est fort supérieure, en tous points, aux bavardages quotidiens qui commencent les journaux chaque matin.—Les gens vulgaires et les sots ont beaucoup crié contre cette lettre;—ils ne voudront jamais admettre que l’esprit et le talent ne sont pas une infériorité,—qu’un grand poëte est au-dessus et non pas au-dessous de la politique,—et que les hommes d’esprit ne sont pas pour cela plus bêtes que les autres.

Le Constitutionnel, devenu pair de France pour avoir fait des paroles d’opéra-comique, ne se peut taire sur les prétentions de M. de Lamartine.

M***, qui n’avait pas lu la lettre, a été disant partout: «Oh! bah! c’est trop dans les nuages!» On a dit: «Ce pauvre M***, les nuages commencent si bas pour lui!»