Tout en faisant siffler le grand sabre de M. Chambolle,—M. Thiers fait défendre la publication de certaines tabatières qu’il trouve belliqueuses.—Un monsieur a mis en vente, chez Susse, un groupe en plâtre, plus estimable par l’idée et les sentiments que par l’exécution.—Cela représentait un voltigeur de la garde nationale,—M. Chambolle, peut-être.
Ah!—à propos,—il faut que je sache si ces grands partisans de la mobilisation de la garde nationale—sont inscrits sur les contrôles—et s’ils ne mettent pas leur bravoure à l’abri de quelque infirmité vraie ou fausse.
En face de ce voltigeur—étaient quatre têtes:—un Russe,—un Anglais,—un Prussien,—un Autrichien. Le garde national croisait la baïonnette et disait: «On ne passe pas.»
Diable!—dit M. Thiers, par l’organe de M. de Rémusat,—ceci est trop fort;—M. Chambolle ayant entonné ce matin dans le Siècle,—le: «Amis, secondez ma vaillance,» de Guillaume Tell,—ce serait par trop crâne.
On permit la vente du plâtre, mais on fit supprimer les quatre têtes coalisées et l’inscription.—Il ne resta que le voltigeur croisant la baïonnette contre un verre de Bohême qui se trouvait à côté de lui, dans l’étalage.
Hier matin, cependant,—la tartine Chambolle a été faible, et l’auteur de l’ex-groupe a obtenu d’écrire au bas de son voltigeur: Il entend quatre voix étrangères.
On peut voir la chose, qui est assez médiocre, chez Susse, passage des Panoramas.
16.—J’ai lu une foule de journaux de toutes couleurs, français et étrangers; j’ai lu des mémorandum; j’ai lu des traités, j’ai lu tout ce que j’ai trouvé à lire sur cette question d’Orient, devenue si grave: tout cela, pour vous éviter la même peine,—et voici le résumé de mes observations:
La France a été invitée à plusieurs reprises à se faire représenter à la conférence tenue par les quatre puissances alliées; elle a été mise au courant de tout ce qui s’est passé. M. Thiers a cru la chose peu importante,—s’est imaginé qu’on ne passerait pas outre sans lui,—et a refusé de tenir compte des avertissements qui lui étaient donnés.