Les Guêpes.—Un tombeau.—La justice.—Ugolin, Agamemnon, Jephté et M. Alphonse Karr.—Le nouveau ministère.—M. Soult.—M. Martin (du Nord).—M. Guizot.—M. Duchâtel.—M. Cunin-Gridaine—M. Teste.—M. Villemain.—M. Duperré.—M. Humann.—L’auteur se livre à un légitime sentiment d’orgueil.—Départ de M. Thiers.—Madame Dosne.—M. Dosne.—M. Roussin.—M. de Cubières,—M. Pelet (de la Lozère).—M. Vivien.—Lettres de grâce.—M. Marrast.—M. Buloz.—M. de Rambuteau.—M. de Bondy.—M. Jaubert.—M. Lavenay.—M. de Rémusat.—M. Delavergue.—Le sergent de ville Petit.—Le garde municipal Lafontaine.—Darmès.—Mademoiselle Albertine et Fénélon.—M. Célestin Nanteuil.—M. Giraud.—M. Gouin et les falaises du Havre.—M. de Mornay.—La prison de Chartres.—Nouvel usage du poivre.—La Marseillaise.—La guerre.—Un réfractaire.—M. Chalander.—Les soldats de plomb.—Un bal au profit des pauvres.—Les fortifications de Paris.—Les pistolets du grand homme.—M. Mathieu de la Redorte.—M. Boilay.—M. et madame Jacques Coste.—M. et madame Léon Faucher.—M. et madame Léon Pillet.—Madame la comtesse de Flahaut.—Madame la comtesse d’Argout.—On continue à demander ce qu’est devenue la fameuse enquête sur les affaires de la Bourse.—M. Dosne se livre à de nouveaux exercices.—M. de Balzac.—Une gageure proposée au préfet de police.—M. Berlioz.—M. Barbier.—M. L. de Vailly.—M. de Vigny.—M. Armand Bertin.—M. Habeneck.—Le Journal des Débats porte bonheur.—Richesses des pauvres.—Subvention que je reçois.—On demande l’adresse des oreilles de M. E. Bouchereau.
Quand je voulus publier les Guêpes,—je chargeai un monsieur de faire imprimer mes petits volumes et de les vendre; c’est ce qu’on appelle prendre un éditeur.—Le monsieur me fit signer un papier, par lequel je m’engageais à lui laisser imprimer et vendre les Guêpes pendant un an;—je ne vous raconterai pas tous les ennuis que me donna ledit monsieur; toujours est-il que l’année finit,—et que j’annonçai l’intention de continuer sans lui.
Ce monsieur prétendit alors—que la promesse que j’avais faite de lui laisser vendre mon ouvrage pendant un an—m’obligeait à le lui laisser vendre pendant deux,—et il me fit un procès.
Le monsieur n’a pas, dit-on, chez lui, une chaise,—une paire de souliers,—une botte d’allumettes, qui n’ait donné lieu à un procès. On désigna des arbitres;—et on nous fit expliquer nos prétentions.—Pour ma part, je parlai au moins pendant deux heures, chose que je ne pardonnerai de ma vie à ceux qui me l’ont fait faire.
Le monsieur parla aussi beaucoup. Après quoi les juges arbitres décidèrent, à la majorité de deux contre un, après une longue discussion: 1º Qu’une année se composait de douze mois, en ne me cachant pas que c’était là une question embrouillée,—et que je devais me réjouir qu’elle eût été ainsi décidée;
2º Que le titre des Guêpes ayant été, de l’aveu du monsieur,—imaginé,—apporté et écrit par moi,—ne m’appartenait pas plus qu’à ce monsieur, qui ne l’avait ni écrit, ni apporté, ni imaginé, et que, par conséquent, je n’avais pas le droit de m’en servir.
En quoi ils se montrèrent moins sages que Salomon;—car ils tuèrent l’enfant, ainsi que le demandait la fausse mère.
Cette seconde décision me parut moins claire que la première,—et je leur demandai humblement si j’avais encore le droit de m’appeler Alphonse Karr;—à quoi il me fut répondu que j’en avais encore le droit.
Je leur témoignai de mon mieux ma profonde reconnaissance, et je me retirai.