Le métier de roi ne vaut plus rien:—le roi de Hollande a fait sa liquidation,—la royauté d’Espagne a fait faillite.—M. Mathieu de la Redorte, ambassadeur en Espagne, vient de donner au ministère la démission qu’il avait reçue des événements.
Le nouveau gouvernement espagnol a imaginé de tirer un parti avantageux des diverses croix,—ordres,—cordons,—toisons, etc., que le gouvernement de la reine Christine avait un peu prodigués.—On envoie à tous les dignitaires une petite note acquittée,—avec prière de la payer dans le plus bref délai, sous peine d’être dégradés.
Cette manière de distribuer des honneurs ressemble parfaitement à l’industrie des marchandes de bouquets du boulevard de Gand, qui jettent un bouquet dans votre voiture—ou le glissent dans votre gilet, et, à quelques pas de là, vont en demander le prix.
On a renoncé,—comme je l’ai fait remarquer plusieurs fois,—à appliquer la peine de mort aux malheureux que l’étourderie ou des folies de jeunesse ont poussé à empoisonner leurs parents.
Mais il est une chose qui devait échapper aux égards de la justice comme à la faveur royale,—une chose pour laquelle, loin d’abaisser la pénalité, on l’a encore aggravée.
Je veux parler de la mauvaise habitude qu’ont certaines personnes de secouer les tapis par les fenêtres; j’ai déjà dit avec quelle sévérité et quelle sollicitude on poursuit ce genre de délit.
Il serait à désirer que les citoyens voulussent bien se conformer aux ordonnances relatives à cette défense, et donner un peu de loisir à l’administration, qui, depuis bien longtemps, n’a pu s’occuper que des tapis, et semble négliger une foule de soins importants.