Pendant que je parle de Me Dupin, il me revient sur lui que, tandis qu’il était président de la Chambre des députés, il eut l’idée bien naturelle de faire augmenter les appointements de la présidence.—Ces appointements se payaient par mois; or la cession ne dure pas toute l’année.—C’est pourquoi Me Dupin demanda à être payé par an; il n’osa pas assister à la séance de la Chambre où cette augmentation fut votée; un de ses amis alla aussitôt lui apprendre le résultat de la délibération. «Réjouissez-vous, lui dit-il, l’augmentation est votée.
—Mais,—dit l’avocat,—mais comment cela est-il formulé?
—De la façon la plus simple du monde, le traitement du président de la Chambre.
—Comment, le traitement!
—Certainement, le traitement.
—Je suis perdu.
—Vous m’effrayez, que voulez-vous dire?
—Que je ne puis cumuler mon traitement de président de la Chambre des députés avec mon traitement de procureur général.—Il faudra opter.»
Cependant M. Dupin, après quelques instants d’abattement, se rassura,—sortit,—courut, fit des visites et obtint que dans le rapport de la séance on substituât le mot indemnité au mot traitement,—ce qui lui permit de garder le tout.
Comme on plaisantait Me Dupin sur l’étoile du roi,—il répondit: «Vous ririez bien plus si j’avais parlé de sa fortune.»