Je n’aurai plus à parler de Me Dupin,—grâce à Dieu, c’en est fait de lui,—il est tout à fait effacé de la scène politique,—c’est aujourd’hui un homme tellement et si bas tombé,—qu’on ne peut plus même l’attaquer. Me Dupin a été un des fléaux de ce temps-ci.

Il était le représentant de la médiocrité jalouse et taquine, et envieuse de toute supériorité, le chef des avocats—bavards, importants, cauteleux et vulgaires; insolent envers la royauté à la Chambre de une heure à cinq, pour conserver sa popularité, il allait s’excuser le soir, aux Tuileries, pour conserver ses places.

L’étoile de Me Dupin a filé.

Sous prétexte de l’adresse, on parle sans discontinuer depuis cinq jours, à la Chambre. On se querelle, on se dispute;—on s’injurie, on s’interrompt.—J’avouerai qu’il me semble quelquefois pénible d’être représenté par des gens aussi mal élevés que le sont beaucoup d’entre MM. les députés.—Dans un des moments de la plus grande agitation,—M. Enouf, scandalisé, s’est écrié dans un groupe: «Messieurs, une idée! si nous ne parlions que quatre à la fois?»

Tout ce débat est misérable, et je ne comprends pas comment on peut encore prendre au sérieux les discours de MM. les ministres et de ceux qui aspirent à les remplacer.

Il y a, il paraît, en France plusieurs millions de bonnes gens qui, dans leur encourageante crédulité, se disent:

«Tiens, M. Thiers dit que ce qu’il a fait c’était pour l’honneur du pays;—il paraît que c’était pour l’honneur du pays.

«Oh! oui,—mais M. Villemain répond que M. Thiers a gâté la fortune de la France.—Il paraît que la fortune de la France a été gâtée par M. Thiers