Un jour, quand vous êtes vieux, quand vos cheveux sont blancs, il vous arrive ce bonheur inespéré. Vos yeux laissent échapper des larmes de joie, et vous mourez en disant: «O mon Dieu! peut-on penser qu’il y a des hommes assez aimés du ciel pour porter le ruban en bandoulière, de droite à gauche!»

Et cela, ô hommes graves et sérieux! tandis que les femmes se couvrent, à leur gré, de rubans de toutes couleurs, en nœuds, en rosettes, en ceintures:—voilà des rubans sérieux, voilà une affaire véritablement grave,—car cela les rend jolies.

Le prince de Joinville, chargé d’aller chercher à Sainte-Hélène et de ramener en France les restes de Napoléon, a accompli sa mission avec beaucoup de convenance et de dignité;—ayant appris en mer la rupture des relations entre la France et l’Angleterre, et craignant d’être attaqué, il s’était disposé au combat et avait annoncé qu’il ne se rendrait pas et se ferait couler.

En général,—la cérémonie, d’après ce que j’ai lu dans les journaux,—ressemblait beaucoup trop aux représentations du Cirque-Olympique.—On ne s’en étonnera pas quand j’aurai dit que le soin en avait été confié à M. Cavé et à trois autres vaudevillistes de ses amis.

J’ai déjà eu occasion de signaler plusieurs des vaudevillistes qui sont devenus des hommes d’État,—

Tombés de chute en chute aux affaires publiques.

M. de Rémusat, qui était ministre il y a un mois;—M. Etienne, qui est pair de France et qui a fait le Pacha de Suresnes;—feu M. Salverte, député de Paris;—M. Duvergier de Hauranne, député;—M. Empis, directeur des domaines;—M. Mazère, préfet, etc., etc.—Le pouvoir, en France, aujourd’hui, sert de retraite aux vaudevillistes invalides.

M. Cavé, directeur des Beaux-Arts, est auteur d’un vaudeville intitulé: Vivent la joie et les pommes de terre!