En attendant l’ouverture de la session, M. Chambolle, député, a été rencontré promenant au Jardin des Plantes la famille de M. Thiers, et se servant de sa médaille de député pour faire pénétrer ces dames dans la rotonde de la girafe et des éléphants, ainsi que dans le palais d’hiver des singes, où le public n’est pas admis.

M. Garnier-Pagès préfère la promenade des Tuileries, où il porte toujours l’air et le costume d’un croque-mort allant s’enterrer lui-même. Nous l’y avons rencontré un jour de soleil. Il donnait le bras à un gros petit homme sur lequel il s’inclinait négligemment en disant: «Ce qui nous ennuie surtout, ce sont les gens de Barrot,—ou de barreau.»

A mesure qu’on démolit la pairie, on lui bâtit un palais plus vaste et plus magnifique.

Ces masses de pierre ne sont-elles pas un sépulcre semblable aux pyramides d’Égypte, et chaque membre de la Chambre, autrefois héréditaire, n’est-il pas un Pharaon dont on veut faire une momie?

Et MM. Persil, Viennet, Rossi, Etienne, etc., que l’on y enterre avec les pairs, ne font-ils pas merveilleusement l’effet des chats, des ibis, des ichneumons et des crocodiles, que l’on retrouve dans les tombeaux des rois d’Égypte, côte à côte avec ces majestés embaumées?

La Chambre des pairs, qui ne peut plus se recruter par l’hérédité, se recrute chaque année par le bon plaisir. Et voici de quel bois le bon plaisir fait des pairs de France:

Il met à la Chambre des pairs, d’abord ses députés avariés, usés, vermoulus, dont les colléges électoraux ne veulent plus à aucun prix. Exemple: M. Viennet, qui n’a pu se faire réélire. Ensuite les députés qui le gênent à la Chambre. Exemple: M. Étienne, qui rédigea la dernière adresse, en qualité de grand écrivain: hélas!