Et enfin ses favoris qui ne payent pas le cens nécessaire pour la députation. Exemple: M. Rossi.
C’est par haine de l’aristocratie que l’on a détruit la pairie; mais on n’a pas remarqué que l’on n’a fait que transporter l’aristocratie dans la Chambre des députés, aristocratie de boutiquiers au lieu d’une aristocratie de grands seigneurs.
Il ne manquait à la Chambre basse, pour hériter tout à fait de la Chambre haute, que l’hérédité, et la voilà qui s’en empare. M. Persil a fait nommer à sa place son fils à Condom, et M. Étienne fils s’est présenté dans le département de la Meuse.
Ces héritages ouverts, celui de la pairie dont la Chambre des députés est légataire, et celui des nouveaux pairs Étienne et Persil auxquels succèdent leurs fils, affirment combien nous avions raison tout à l’heure en disant que le palais du Luxembourg est une pyramide et un tombeau.
HISTOIRE DE M. ROSSI, CITOYEN DU MONDE.—M. Rossi est né dans le duché de Massa, sous la domination de l’archiduchesse Marie-Béatrice, c’est-à-dire que M. Rossi commença par être AUTRICHIEN.
En 1808, un sénatus-consulte du 24 mai le fit FRANÇAIS, en réunissant à l’empire tous les États de la maison d’Autriche en Italie, et en enclavant Massa dans un département français.
M. Rossi, qui n’avait pas fait exprès de naître Autrichien ni de devenir Français, sentit le besoin de choisir une patrie; il quitta les départements réunis pour passer au service d’Italie. Il fit les déclarations et les démarches nécessaires pour être naturalisé ITALIEN, et se fit inscrire en qualité d’avocat près les cours italiennes de Milan et de Bologne. Ce fut à Bologne qu’il fixa sa résidence.
En 1814, Bologne fut réclamé par le pape. Mais M. Rossi ne tarda pas à aller joindre Murat. Murat exigeait des Italiens qui passaient dans ses rangs qu’ils abjurassent leur patrie et se fissent naturaliser Napolitains. M. Rossi n’hésita pas à se faire NAPOLITAIN. Ce fut lui qui, avec M. Salfi, fut chargé d’appeler toute l’Italie à un soulèvement contre la domination étrangère.
Après la chute de Murat, M. Rossi quitta l’Italie et passa en Suisse. Là, il publia une brochure dans laquelle il disait: qu’il n’avait été et ne serait jamais qu’ITALIEN.