Un autre à M. le duc de Vicence,—c’était un cheval bai du Melleraut,—qui avait été donné à madame de Vicence par l’impératrice Marie-Louise, dont elle était dame d’honneur;—mais il était mort huit mois auparavant, à l’âge de trente-cinq ans,—après une vieillesse entourée des plus grands soins.
Un troisième à Vire, en Normandie,—appartenant à un fermier;—mais, lors de son dernier voyage, le roi Louis-Philippe l’a monté.—De quoi le cheval, qui ne travaillait plus depuis longtemps,—était mort,—peut-être aussi de honte d’être monté par un simple roi.
On s’adressa alors au manége de M. Kousmann, qui avait offert de prêter,—pour rien,—un cheval blanc assez joli,—appelé Aboukir,—et qui passe pour fils d’un des chevaux de Napoléon.
Mais cette intention ne fut pas exécutée,—et les pompes funèbres, livrées à leurs propres ressources, prirent un vieux cheval allemand blanc qui, depuis dix ans, porte les vieilles filles aux cimetières.—On le laissa un peu se reposer,—on lui fit les crins,—on lui cira les sabots,—puis on le revêtit d’un équipage ayant réellement appartenu à l’empereur, et qui est conservé aux Menus-Plaisirs.
Le lendemain de la cérémonie,—quatre Anglais, dont un peintre, se présentèrent à l’administration des pompes funèbres,—et demandèrent à voir le cheval de bataille de l’empereur Napoléon.
Le cheval, rentré dans la vie privée, était sorti pour affaires.—Attelé avec un autre,—il conduisait au cimetière de l’Ouest une vierge sexagénaire qui prenait par là pour aller chercher au ciel la récompense de sa vieille vertu.
On répondit aux étrangers que le cheval, fatigué et peut-être ému de la cérémonie de la veille, ne recevait pas ce jour-là;—mais qu’ils pouvaient revenir le lendemain.
Le lendemain, on le leur montra, tout enveloppé de flanelle.—Ils le dessinèrent de côté, de face,—par derrière, de trois quarts,—de toutes les manières possibles,—puis ils partirent pour Londres,—où ils vont faire un ouvrage sur les funérailles de l’empereur,—où figurera le cheval de bataille.