Les premiers aiment mieux aller à la messe;—les seconds préfèrent le bal Musard.
Mais tout se mêle, tout se confond dans un étrange tohu-bohu.—Si l’Opéra, à certains jours, a l’air d’une église,—nous avons l’église de Notre-Dame-de-Lorette, qui a bien l’air d’une salle de spectacle ou de bal, et qu’on a justement appelée une église Musard.
C’est, tous les dimanches, le rendez-vous de beaucoup de danseuses et de toutes les filles entretenues du quartier.—Aussi y rencontre-t-on une foule de jeunes gens, moins assidus autrefois aux offices divins.
C’est probablement à cause que cette église n’est pas très-bien composée—qu’on y met beaucoup de sergents de ville en uniforme,—probablement pour empêcher les danses inconvenantes.—On annonce un grand bal à Notre-Dame de Paris.
A propos de ces danses inconvenantes et des sergents de ville, gardes municipaux, etc.,—qui sont chargés de réprimer, dans les établissements publics,—les cachuchas populaires et les fandangos exagérés,—ne peuvent-ils pas commettre de graves erreurs?—Dernièrement, un homme arrêté par eux pour un semblable délit, développait, devant la sixième chambre, des théories embarrassantes.
—Nous avons, disait-il,
Le cancan gracieux,—la saint-simonienne,—le demi-cancan,—le cancan,—le cancan et demi,—et la chahut;—cette dernière danse est la seule prohibée. Je dansais le cancan gracieux.
Ne serait-il pas opportun d’ouvrir, en faveur de MM. les sergents de ville et les gardes municipaux, une école spéciale de danses bizarres,—où on leur apprendrait à discerner parfaitement les caractères particuliers de ces danses qui en ont trop.
Dans le monde, quand un homme a invité à danser une femme qui ne peut accepter à cause d’une invitation antérieure, il s’adresse à une autre, et me paraît faire une impertinence aux deux femmes. A la première, cela veut dire: «Je m’adressais à vous par hasard, sans choix, sans préférence; je ne danse pas avec vous; eh bien! je danserai avec une autre.»—A la seconde: «Je vous prends faute de mieux; si la femme que j’ai invitée d’abord eût été libre, je n’aurais jamais pensé à vous; elle est plus jolie, plus élégante, plus spirituelle que vous.»