On n’a pas compris que la France entière, désintéressée dans la question, pourrait être traversée pacifiquement par une armée ennemie qui payerait ses vivres.
Paris sans fortifications—peut être pris, mais est impossible à garder.
Mais Paris fortifié au prix de la fortune publique,—Paris attaqué ne tiendra pas une semaine; on l’a dit: «que les fraises manquent pendant trois jours—et Paris ouvrira ses portes.»
Les hommes qui se battront à Paris sont des hommes qui n’y possèdent rien,—c’est-à-dire le peuple et les ouvriers;—mais les propriétaires,—vous croyez qu’ils exposeront leurs maisons,—et les propriétaires sont à la Chambre,—et ils sont les maîtres de faire une capitulation,—attendez seulement la première bombe qui descendra par la cheminée se mêler aux légumes du pot-au-feu,—et Paris pris,—l’ennemi le gardera au moyen des fortifications.
Parisiens, mes bons Parisiens,—on vous a persuadé—qu’il fallait vous faire une chemise d’amiante pour le cas où votre maison brûlerait, au lieu de vous conseiller d’éteindre le feu, je le veux bien.—Je sais bien que j’attaque l’opinion de la majorité,—que je n’ai de mon côté que les gens d’esprit et de bon sens, c’est-à-dire le petit nombre;—je sais bien qu’on va encore m’écrire des lettres anonymes injurieuses et menaçantes;—mais, voyez-vous, en vérité, je vous le dis,—il viendra un jour—où personne ne voudra avoir été partisan des fortifications,—où la Chambre qui les a votées en tirera quelque sobriquet fâcheux.