Il serait bien singulier que l’humanité, sous prétexte de progrès, fût dans une fausse route et qu’il lui fallût essayer maintenant de revenir sur ses pas.—Voici le résumé d’un travail statistique fort important; les recherches que nous venons de faire nous ont conduit à établir.

1º Qu’à mesure que l’instruction s’est propagée d’année en année, le nombre des crimes et des délits s’est accru dans une proportion analogue;

2º Que, dans le nombre de ces délits ou de ces crimes, la classe des accusés sachant lire et écrire entre pour un cinquième de plus que la classe des accusés complétement illettrés, et que la classe des accusés ayant reçu une haute instruction y entre pour deux tiers de plus.

En d’autres termes, quand 25,000 individus de la classe totalement illettrée fournissent 5 accusés,

25,000 individus de la classe sachant lire et écrire en donnent plus de 6;

25,000 individus de la classe ayant reçu une instruction supérieure en donnent plus de 15;

3º Que le degré de perversité dans le crime et les chances d’échapper aux poursuites de la justice sont en proportion directe avec le degré d’instruction;

4º Que les récidives sont plus fréquentes parmi les accusés ayant reçu l’instruction que parmi ceux qui ne savent ni lire ni écrire.

J’ajouterai que ce résultat ne m’étonne pas le moins du monde,—et, s’il me restait du papier blanc,—je développerais ma pensée, ce qui sera pour un autre jour.