Le libraire Ladvocat m’est venu voir il y a quelques jours et m’a dit:

—Je ne suis plus libraire;—considère-moi comme un billet de faire part de la librairie.

—Et pourquoi? lui demandai-je.

—Ah! pourquoi! c’est que, pour vendre des livres,—il faut d’abord qu’il y ait des livres.

—Eh bien?

—Eh bien! la politique et les affaires m’ont pris tous mes écrivains,—tous mes ouvriers.

S’il n’était pas ministre,

M. Villemain ferait son Histoire de Grégoire VII et des Pères de l’Église,—pour laquelle il avait déjà rassemblé des matériaux. Sans la politique qui les a tous pris,

M. de Barante écrirait son Histoire du Parlement de Paris;

M. Thiers, celle du Consulat et de l’Empire;