Faute de masques, les gamins ont pris le parti de se réjouir de toutes les figures un peu singulières qui circulaient sur le boulevard.—Plusieurs promeneurs, non déguisés, se sont vus, à leur grande surprise, déclarés masques,—et, comme tels, poursuivis de huées et de cris joyeux.

Il y a quelques mois, arriva à Paris un M. Penckel;—c’est un Allemand qui a voyagé longtemps en Russie, et qui s’est ensuite marié en Italie.

Il descendit d’abord rue du Helder, nº..., jusqu’à ce qu’on lui eût préparé un logement, après quoi il s’en alla demeurer au faubourg Saint-Germain.

Une fois installé, il se rappela qu’il avait un frère qu’il avait laissé à Paris dix ans auparavant, et dont jamais, depuis, il n’avait reçu de nouvelles.—Il se transporta chez M. le préfet de police, lui fit part de sa pieuse inquiétude en le priant de faire faire toutes les recherches nécessaires pour le découvrir.—Il donna sa propre adresse, rue du Bac. Deux mois après,—comme il allait se mettre à table pour dîner, un homme se présenta, qui annonça avoir à lui parler de la part de M. Delessert;—il le fit passer dans le salon, et l’étranger lui dit:

—Le M. Penckel sur lequel vous avez demandé des renseignements est retrouvé.

—Grand Dieu!—où est-il?—menez-moi près de lui.

—Je ne le sais pas,—je ne peux vous conduire que chez M. le préfet, qui vous attend.

—Où est-il?

M. Penckel—descend sans chapeau,—prend un cabriolet qui passait,—abandonne le messager dans la rue, et arrive, pâle d’émotion, à la rue de Jérusalem.—Il demande à parler à M. le préfet.—M. le préfet dîne,—il attend, ses pensées se pressaient tumultueusement dans sa tête,—il allait revoir son frère.