AUTRE EXEMPLE:—L’an dernier, à Trianon, pour un dîner qui devait avoir lieu, on avait demandé trente ananas au potager de Versailles;—le dîner n’eut pas lieu, et le lendemain les ananas étaient vendus à Bailli, glacier, rue Neuve-des-Petits-Champs,—à un prix auquel ne peuvent les céder les producteurs, auxquels chaque ananas coûte de huit à quinze francs.

Autrefois, les cultivateurs de Versailles obtenaient la permission de faire prendre dans la forêt de la terre de bruyère, nécessaire à leur travail, qui y est fort bonne;—mais la liste civile a pris le parti de la réserver pour le potager de Versailles et pour les pépinières de Trianon,—tandis que les jardiniers marchands sont obligés de la tirer de Palaiseau et de Saint-Léger, c’est-à-dire de quatre à cinq lieues de là.

Les jardiniers ont un si grand besoin de feuilles d’arbres ramassées et de mousse, qu’ils les payent, l’hiver, huit ou neuf francs par voiture. Il y a quelques années, les pépiniéristes ont fait une pétition pour demander la réforme de quelques abus, et on leur a supprimé la permission de ramasser des feuilles,—permission qui, du reste, leur a été rendue depuis.

Je sais bien,—monsieur le comte,—qu’Abdalonyme était jardinier avant d’être roi,—et que Dioclétien le fut après avoir été maître du monde;

Mais je ne vois aucun prince qui ait cumulé ces deux professions de roi et de maraîcher, et qui les ait exercées simultanément.

J’en excepterais un duc de Pirmasentz, ville de soixante-dix-huit maisons, dont j’ai raconté l’histoire dans un livre appelé Einerley, et qui cultivait des œillets,—mais celui-là ne les vendait pas.

Croyez-vous, monsieur le comte, qu’il soit bien utile à la gloire du roi Louis-Philippe qu’il soit le premier à donner ce spectacle?

Voici ce que me rapporte une guêpe, qui a passé les barrières et qui est allée du côté de Versailles pour voir si le printemps s’avance.

On lit dans un journal, sous la rubrique de Calais: «L’éclipse de lune a été la cause bien involontaire de l’échouement d’un de nos bateaux pêcheurs.»