Voici des choses un peu fortes que me dit une guêpe nouvellement enrôlée dans mes escadrons.—Si quelqu’un avait des preuves à me donner contre les assertions de ma nouvelle recrue,—je les accepterais et les enregistrerais avec plaisir,—ainsi que je le fais et le ferai toujours chaque fois qu’on me démontre ou me démontrera que j’ai été ou que j’aurai été mal informé.
Le maréchal Soult nous a appris entre autres choses, dans la séance du 22 janvier, qu’il avait gagné la bataille de Marengo tout en défendant Gênes.
Cette victoire, si opiniâtrément disputée par les Autrichiens au premier consul Bonaparte, ne lui est pas moins vivement contestée par les Français.
Du vivant de l’Empereur, certaines gens prétendaient que c’était le général Desaix qui avait gagné la bataille. Le fait est qu’il y fut tué.
Sous la Restauration, feu le duc de Valmy passait pour avoir gagné la bataille par une certaine charge de cavalerie.
Voici maintenant M. le maréchal Soult qui nous apprend qu’à lui seul est dû l’honneur de cette victoire, de même que celle d’Austerlitz.
Il y a trois ans, M. le maréchal Clauzel, dans ses Explications, apprit à toute la France qu’il avait gouverné Raguse et couvert de belles routes toute la côte dalmate. Il se vantait, en outre, d’avoir amené son corps d’armée à l’Empereur sur le champ de bataille de Wagram.
Vérification faite, il se trouva que tout ce que ledit maréchal Clauzel croyait avoir fait appartenait en propre au maréchal Marmont, duc de Raguse, sous les ordres duquel M. Clauzel était alors employé.
Pendant quinze ans le maréchal Macdonald s’est laissé appeler par tous les journaux vainqueur de Raab.