M. Alphonse (hélas!) Pépin est un pauvre diable qui remplace le talent et la capacité par le dévouement. Il a prêté son nom à une justification du règne de Louis-Philippe, dont il n’a pas écrit, dit-on, un seul mot. Le manuscrit lui arrive d’une septième ou huitième main, sans qu’il en sache l’origine. Mieux instruit que M. A. Pépin, nous pouvons dire que cet ouvrage est écrit, sinon d’une manière brillante, du moins avec ordre, logique et raison, et que son auteur véritable est un personnage de très-bonne maison.

On dit que l’on veut faire M. A. Pépin député. Je suis décidé à n’être pas représenté par lui à la Chambre. Si l’on donne suite à ce projet, j’ouvrirai un certain carton «A. Pépin» d’où je tirerai des choses assez réjouissantes.

Passons à ce bon M. Delavigne, le seul de ces messieurs qui ait un nom et du talent, quoique parfaitement commun et ennuyeux.

M. Casimir Delavigne est bibliothécaire de Fontainebleau: de plus, sous le nom de son frère, M. Germain Delavigne, il est intendant des Menus-Plaisirs. Aux Menus-Plaisirs, une nichée de quatorze Delavigne, mâles, femelles, petits et grands, sont logés, meublés et chauffés. On craint d’y voir passer la forêt de Villers-Cotterets.

Comme M. Cuvillier-Fleury, M. Casimir Delavigne se dit indépendant. Mais il va plus loin; et, pour concilier les bénéfices de la popularité avec les avantages de la faveur, il fait tantôt une tragédie légitimiste (les Enfants d’Édouard), tantôt une comédie républicaine (la Popularité), et, en ce moment, il a promis sa voix à M. Berryer, pour l’Académie.

Si les Delavigne nichent aux Menus-Plaisirs, les de Wailly fourmillent à l’Élysée-Bourbon; et, par une touchante réciprocité, les de Wailly font, dans l’occasion, augmenter les appointements des Delavigne, qui meublent à leur tour les de Wailly avec les meubles des Menus-Plaisirs.

Les Bertin n’ont jamais écrit une ligne de leur vie, mais leur journal est une puissance. M. Cavé, appelé par les uns le spirituel auteur des Soirées de Neuilly, par les autres, le peu spirituel auteur des Soirées de Neuilly (je ne le connais pas), est dans la dépendance de M. Thiers.

M. Mévil n’écrit pas. M. Perrot est censeur et ami intime de M. Janvier. M. Baudoin n’a pour titres littéraires que d’avoir retrouvé dans une cave des drapeaux tricolores qu’il y avait audacieusement cachés.

En fait de services rendus au ministère, M. Baudoin a eu l’heureuse idée, au moment où on avait de sérieuses inquiétudes sur la quantité de la récolte, au moment où on se plaignait hautement de l’élévation du prix du pain, de publier dans le Moniteur parisien un article sur les peuples qui mangent de la terre. Mais il est arrivé à M. Baudoin une histoire assez gaie.